Le Jeu de Dieu – À qui appartient ma vie ?!

Le Jeu de Dieu – À qui appartient ma vie ?!

Ce film du réalisateur Lars Kraume, adapté d’une pièce de théâtre de Ferdinand von Schirach, peut être controversé pour beaucoup, car il aborde les thèmes de l’aide au suicide et de l’euthanasie. Cependant, il ne le fait pas de manière unilatérale, nous présentant ainsi toute l’histoire sans prendre parti ouvertement pour un seul point de vue. Au contraire, il invite le spectateur à une discussion ouverte sur des questions qui préoccupent aujourd’hui non seulement l’Allemagne, mais progressivement toute l’Europe.

L’histoire s’inspire d’une situation simple, mais extrêmement puissante. Richard Gärtner, âgé de quatre‑vingt‑neuf ans, demande à l’autorité fédérale allemande des médicaments l’autorisation de recevoir une dose mortelle de pentobarbital sodique, une substance utilisée dans les procédures d’euthanasie. À première vue, on pourrait penser qu’il s’agit d’une personne souffrant d’une maladie incurable ou de douleurs insupportables. Mais c’est là que réside le tournant crucial. M. Gärtner est en parfaite santé physique. Sa décision découle du décès de sa femme bien‑aimée et de la conviction que sa vie a perdu son sens. C’est ce fait qui élève l’ensemble du film, le faisant passer du domaine de la médecine à celui de l’éthique, du droit, de la philosophie et des émotions profondément humaines.

L’ensemble de l’intrigue est structuré comme une réunion du comité d’éthique. Devant le public, défilent progressivement des experts défendant des points de vue différents : une professeure de droit constitutionnel, un représentant de l’Ordre des médecins allemand, un évêque catholique et une praticienne médicale de Richard Gärtner. Chacun présente ses arguments, qui ne sont ni simplistes ni manichéens. Le film accorde la même importance aux aspects juridiques, constitutionnels, moraux, éthiques et religieux, ainsi qu’aux points de vue des médecins, des patients ou des membres de leur famille. Il aborde également les questions des soins palliatifs, de leur accessibilité et des possibilités qu’ils peuvent offrir aux personnes en fin de vie.

La plus grande force du film réside dans le fait qu’il ne cherche pas à convaincre le spectateur d’une seule et unique réponse. Les arguments des deux camps sont présentés avec respect et honnêteté intellectuelle. Chaque nouvel élément apporté au débat peut changer l’opinion du spectateur, ou du moins l’amener à remettre en question sa position actuelle. Le spectateur se retrouve ainsi à être d’accord, puis pas d’accord, avec un personnage donné tout au long du film. Très peu de films parviennent à impliquer le spectateur dans une discussion aussi intense.

La conclusion est tout à fait remarquable. L’animatrice s’adresse directement aux spectateurs et pose la même question que le comité d’éthique avait examinée : une personne comme Richard Gärtner a‑t‑elle le droit de recevoir une assistance médicale pour mettre fin à sa vie ? À ce moment‑là, il ne s’agit plus de personnages de fiction. Chacun doit trouver la réponse en lui‑même. C’est précisément là que réside la valeur exceptionnelle de ce film. Il ne propose pas un jugement simpliste, mais laisse le spectateur se forger sa propre opinion, basée sur sa conscience, son expérience et ses valeurs.

Le film « Playing God » soulève des questions qui sont plus pertinentes que jamais. À qui appartient réellement notre vie ? N’a‑t‑elle pas le droit de décider seule de sa fin, ou avons‑nous également une responsabilité envers nos proches, notre famille ou la société ? Le médecin doit‑il seulement chercher à sauver la vie, ou peut‑il, dans certaines circonstances, apporter une aide éthique pour permettre à une personne de mourir ? Où s’arrête l’autonomie individuelle et où commence la responsabilité envers les autres ? Le film ne cherche pas à imposer une idéologie particulière, mais invite à réfléchir sur des thèmes tels que la dignité humaine, la liberté, la justice, l’éthique médicale, la foi, le droit et le sens de la vie.



C’est pourquoi je recommanderais ce film non seulement aux spectateurs occasionnels, mais aussi comme un matériel d’une valeur exceptionnelle pour les écoles, les colonies de vacances, les séminaires éducatifs ou les projections familiales. Le film lui‑même n’est pas le but ; le véritable point de départ est la discussion qui suit sa fin. Avec une animation attentive, il peut ouvrir des conversations auxquelles nous n’aurions peut‑être jamais osé aborder. Il enseigne à écouter les arguments des autres, à respecter les opinions différentes et à réfléchir aux questions pour lesquelles il n’existe pas de réponses simples. Même pour une personne croyante qui a apparemment une opinion claire sur ces questions, ce film ne serait pas inutile. Au contraire. Il peut être l’occasion de vérifier si nous sommes capables non seulement de répéter nos opinions, mais aussi de les défendre de manière compréhensible, sensible et argumentée. Le film aide à affiner les arguments, enseigne à écouter des points de vue différents et pourrait même nous montrer un reflet désagréable : que dans une telle discussion, sans une réflexion approfondie sur nos propres positions, il serait très difficile de faire valoir son point de vue.

« Playing God » n’est pas un film qui dicte aux spectateurs ce qu’ils doivent penser. C’est un film qui invite à la discussion. Et c’est précisément pour cette raison qu’il mérite d’être vu.


Où puis‑je regarder ce film ?

Vous pouvez visionner le film « Playing God » sur la plateforme de streaming chrétienne Filmana : https://filmana.cz/cs/film/535-hra-na-boha, ainsi que dans les applications pour iOS et Android.

Marek Poštulka, titulaire d’une licence, Filmana.